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RibeauvilléLes trois châteaux de Ribeauvillé, et ceux des environs
Saint-Ulrich, Girsberg, Haut-Ribeaupierre : trois ruines perchées au-dessus de la ville, accessibles uniquement à pied. L'histoire de chacun, l'itinéraire, et quatre autres châteaux à moins d'une demi-heure.

Photo : Gzen92, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Depuis le pas de notre porte, au 33 Grand'Rue, il suffit de lever la tête pour les voir : trois silhouettes de pierre posées sur la montagne. Les visiteurs nous demandent souvent « On peut y monter ? » Oui, et c'est l'une des plus belles balades d'Alsace. Voici l'histoire de chacun.
Le Saint-Ulrich, la résidence des seigneurs
C'est le plus grand, le mieux conservé et le plus intéressant des trois. Perché à 528 mètres, le château Saint-Ulrich existait déjà avant 1038. En 1162, Frédéric Barberousse le confie aux Ribeaupierre, qui en font leur résidence principale : de là, ils contrôlent la route entre la plaine et le val de Lièpvre.
On y voit encore le donjon carré du XIIe siècle et, surtout, la magnifique salle des chevaliers, éclairée par neuf fenêtres romanes géminées avec leurs banquettes de pierre. En 1287, le château résiste à un siège mené par Rodolphe de Habsbourg en personne.
En 1518, les Ribeaupierre le quittent pour une demeure plus confortable en ville. Démantelé pendant la guerre de Trente Ans, il est en ruine depuis.
Le Girsberg, le nid d'aigle
Juste en face du Saint-Ulrich, de l'autre côté d'un ravin, le Girsberg s'accroche à un piton rocheux étroit. Les Ribeaupierre le bâtissent au XIIIe siècle et l'appellent d'abord simplement Stein, « la pierre ». Frappé par la foudre et incendié en 1288, il est reconstruit, puis donné en fief en 1304 aux chevaliers de Girsberg, qui lui laissent leur nom.
À la mort du dernier d'entre eux, en 1422, il revient aux Ribeaupierre. Il est abandonné au XVIIe siècle. Il en reste un donjon pentagonal spectaculaire, que l'on admire surtout depuis le Saint-Ulrich.

Le Haut-Ribeaupierre, le guetteur
C'est le plus haut, à plus de 640 mètres, et le plus ancien : il est signalé dès 1084. Le Haut-Ribeaupierre se reconnaît à son imposant donjon rond. Il servait de poste de guet et, à l'occasion, de prison : un chevalier anglais, John Harleston, y fut retenu de 1384 à 1387 par Brunon de Ribeaupierre, en attendant sa rançon.
Le château tombe en ruine peu après 1643. Il fait aujourd'hui l'objet de travaux de consolidation : avant de monter, renseignez-vous à l'office de tourisme pour savoir si l'accès est ouvert.

Quatre autres châteaux à moins d'une demi-heure
Le Haut-Koenigsbourg
Le géant de la région, à Orschwiller. Mentionné dès 1147, construit par les Hohenstaufen, il est incendié une première fois en 1462, puis assiégé 52 jours et brûlé par les Suédois en 1633. En 1899, la ville de Sélestat offre la ruine à l'empereur Guillaume II, qui la fait restaurer entièrement par l'architecte Bodo Ebhardt. Inauguré en 1908, redevenu français en 1919, il accueille aujourd'hui plus d'un demi-million de visiteurs par an. C'est le seul château du secteur entièrement reconstitué et meublé.

Le château de Kintzheim
Construit vers 1250 sur ordre de Frédéric II, vendu à Sélestat en 1492, abîmé par les Suédois en 1633. Depuis 1968, ses ruines abritent la Volerie des aigles : les rapaces volent en liberté au-dessus des spectateurs. Idéal avec des enfants.
Le château de Kaysersberg
Bâti vers 1210, lui aussi sous Frédéric II. Son donjon rond, planté à la pointe d'une enceinte triangulaire, domine l'un des plus jolis villages de la Route des vins. La montée est courte et la vue superbe.
Le Bilstein
Pour les marcheurs : une ruine à 757 mètres d'altitude, sur le GR5 entre Ribeauvillé et Aubure, mentionnée dès 1217. Donjon carré, forêt profonde, et très peu de monde.
Après la balade
Le sentier des trois châteaux vous ramène dans la vieille ville de Ribeauvillé. La Poterie du Terroir est au 33 Grand'Rue, ouverte tous les jours de mars à décembre, de 10h à 19h : l'endroit parfait pour souffler et choisir un souvenir. Et pour comprendre qui étaient les seigneurs de ces châteaux, lisez l'histoire de Ribeauvillé.
Sources : ville de Ribeauvillé, Châteaux forts d'Alsace, articles Wikipédia consacrés à chaque château, site officiel du Haut-Koenigsbourg.